D’un côté, les BIM managers et les bureaux d’études travaillent sur Autodesk Construction Cloud. De l’autre, les conducteurs de travaux, les OPC, les entreprises et les équipes de la maîtrise d’ouvrage suivent les points bloquants, les anomalies, les réserves et les décisions dans d’autres outils.
La maquette contient une quantité considérable d’informations sur le projet. Pourtant, lorsqu’un problème concret apparaît sur le chantier, le processus reste souvent très classique : on ouvre la maquette, on cherche la zone concernée, on fait une capture d’écran, puis on revient dans un autre outil pour expliquer le problème et lancer son suivi.
Le véritable enjeu n’est donc plus seulement d’avoir une maquette numérique.
Il est de relier cette maquette aux actions quotidiennes du chantier.
C’est précisément ce que nous venons d’ajouter à BatiCED.
Les maquettes Autodesk Construction Cloud directement dans BatiCED
BatiCED permet désormais de connecter un projet Autodesk Construction Cloud et d’accéder aux maquettes BIM directement depuis l’environnement de pilotage du chantier.
Les fichiers ne sont pas copiés dans BatiCED.
Ils ne sont pas importés manuellement.
Ils continuent de vivre dans Autodesk Construction Cloud, qui reste l’environnement de référence pour les équipes BIM.
BatiCED vient les lire directement.
Concrètement, lorsqu’une nouvelle version d’une maquette est publiée sur ACC, elle devient visible dans BatiCED dès qu’elle est disponible côté Autodesk. Les équipes chantier accèdent ainsi à la version la plus récente sans avoir à télécharger un nouveau fichier, remplacer une ancienne maquette ou effectuer une synchronisation manuelle.
Cette approche répond à un problème très concret sur les grands projets : la multiplication des versions.
Un modèle est exporté.
Puis envoyé.
Puis téléchargé.
Puis stocké ailleurs.
Quelques semaines plus tard, plus personne n’est réellement certain de travailler sur la dernière version.
Avec une lecture directe depuis Autodesk Construction Cloud, la logique change : la maquette reste à sa source, et BatiCED vient simplement l’afficher là où les équipes pilotent déjà le chantier.
Rendre le BIM accessible aux équipes opérationnelles
Sur un projet BIM, toutes les personnes qui ont besoin de consulter une maquette ne sont pas nécessairement des BIM managers.
Un conducteur de travaux peut vouloir comprendre le passage d’un réseau.
Un OPC peut avoir besoin de visualiser l’environnement d’une tâche bloquée.
Une entreprise peut vouloir localiser précisément une zone d’intervention.
Une équipe chargée des OPR peut avoir besoin de retrouver un élément avant de créer une réserve.
La maîtrise d’ouvrage, enfin, peut avoir besoin de comprendre visuellement un problème technique sans naviguer dans plusieurs plateformes.
Dans BatiCED, le projet ACC est connecté une seule fois par l’administrateur. Les membres autorisés du projet peuvent ensuite consulter les maquettes directement dans leur environnement de travail, sans qu’il soit nécessaire de multiplier les licences ACC supplémentaires pour chaque utilisateur.
Mais permettre de consulter une maquette dans BatiCED n’était, pour nous, qu’une première étape.
Car ajouter un viewer 3D supplémentaire ne suffit pas à transformer le pilotage d’un chantier.
La vraie question était plutôt la suivante :
que peut-on faire, concrètement, à partir de cette maquette ?
Du modèle 3D à l’action chantier
C’est là que l’intégration prend tout son sens.
Depuis la maquette BIM affichée dans BatiCED, il est désormais possible de créer directement :
un point bloquant ;
une anomalie ;
une réserve.
Autrement dit, la maquette n’est plus seulement un document que l’on consulte.
Elle devient un point d’entrée vers le suivi opérationnel du chantier.
Prenons un exemple.
Lors d’une réunion, l’équipe identifie un problème au niveau d’une gaine technique. L’exécution d’un lot est bloquée par une incompatibilité entre plusieurs éléments.
Dans un fonctionnement classique, il faut souvent ouvrir la maquette dans une première plateforme, retrouver la zone concernée, réaliser une capture d’écran, revenir dans l’outil de suivi, créer le point bloquant et expliquer avec suffisamment de précision l’endroit où se situe le problème.
Dans BatiCED, l’équipe peut désormais ouvrir la maquette, naviguer jusqu’à la zone concernée et créer directement le point bloquant depuis le BIM.
Le problème entre alors dans le processus normal de pilotage du chantier.
Il peut être affecté à un responsable, associé aux entreprises concernées, priorisé, commenté et suivi jusqu’à sa résolution.
Le même principe s’applique aux anomalies et aux réserves.
Ce qui change n’est donc pas seulement la manière de consulter une maquette.
C’est le passage entre voir un problème et commencer à le traiter.
Un cas concret : un point bloquant identifié pendant une réunion
Imaginons une réunion de synthèse sur un projet complexe.
L’entreprise chargée du lot CVC signale qu’elle ne peut pas poursuivre son intervention dans une zone. Un élément structurel entre en conflit avec le passage prévu d’un réseau.
Jusqu’à présent, plusieurs outils pouvaient être nécessaires :
la maquette pour comprendre la situation ;
une capture d’écran pour illustrer le problème ;
un compte rendu pour formaliser la discussion ;
puis un outil de suivi pour affecter le point et contrôler sa résolution.
Le risque est évident : l’information se fragmente.
La personne qui consulte le point bloquant quelques jours plus tard ne dispose pas toujours du même contexte que celle qui a participé à la réunion.
En créant directement le point bloquant depuis le BIM, le contexte visuel et le processus de suivi se rapprochent.
L’équipe identifie le problème sur la maquette, crée l’action correspondante et poursuit ensuite son traitement dans BatiCED.
La maquette aide à comprendre.
Le module de pilotage permet d’agir.
Le même principe pour les anomalies et les réserves
Cette logique ne concerne pas uniquement les points bloquants.
Pendant l’exécution des travaux, une anomalie peut également être créée à partir de la maquette afin de mieux contextualiser le problème identifié.
Lors des opérations préalables à la réception, le même principe peut être appliqué aux réserves.
L’intérêt devient particulièrement évident sur les projets de grande taille.
Une description comme « problème dans le local technique du R+5 » peut rapidement devenir insuffisante. La personne chargée du traitement doit encore retrouver le bon local, le bon équipement et le bon contexte.
Le BIM permet d’apporter une lecture beaucoup plus visuelle du projet.
Mais cette valeur reste limitée tant que la maquette est séparée des outils dans lesquels les équipes travaillent réellement.
L’objectif de BatiCED est justement de réduire cette séparation.
Toujours la dernière version, sans gérer une deuxième bibliothèque de maquettes
L’un des choix importants de cette intégration a été de ne pas créer un nouvel espace de stockage BIM dans BatiCED.
Les maquettes restent dans Autodesk Construction Cloud.
BatiCED ne maintient pas une deuxième copie du projet.
Lorsqu’une nouvelle version est publiée côté ACC, les équipes la retrouvent directement dans BatiCED.
Cette architecture évite un problème fréquent sur les projets : la coexistence de plusieurs versions d’un même document ou d’une même maquette dans différents outils.
Quelle version a été envoyée à l’entreprise ?
Quelle version a été utilisée pendant la dernière réunion ?
La capture d’écran correspond-elle encore au modèle actuel ?
Le fichier stocké localement a-t-il été remplacé ?
Plus le projet est important, plus ces questions deviennent difficiles à maîtriser.
Le principe retenu est donc simple : une source de référence pour la maquette, plusieurs usages possibles autour de cette information.
Autodesk Construction Cloud continue de gérer les modèles.
BatiCED les connecte au pilotage opérationnel.
Le véritable enjeu : relier les informations du chantier
Au fond, cette nouvelle fonctionnalité s’inscrit dans une réflexion beaucoup plus large.
Sur un chantier, le problème n’est pas toujours le manque d’information.
C’est souvent la fragmentation de cette information.
Le planning se trouve dans un outil.
Les documents sont dans une GED.
Les maquettes sont sur une plateforme BIM.
Les problèmes sont discutés pendant les réunions.
Les décisions apparaissent dans les comptes rendus.
Les réserves sont suivies dans un autre système.
Et entre tous ces éléments, les équipes doivent constamment reconstruire le contexte.
Chez BatiCED, nous pensons que la valeur d’une plateforme de gestion de chantier ne réside pas seulement dans le nombre de fonctionnalités qu’elle propose.
Elle réside surtout dans la manière dont ces fonctionnalités communiquent entre elles.
Un point bloquant peut avoir un impact sur le planning.
Une anomalie concerne une zone et une entreprise.
Une réserve doit être suivie jusqu’à sa levée.
Un document peut être lié à une décision.
Et désormais, ces éléments peuvent également partir directement de la maquette BIM.
C’est cette connexion qui nous semble importante.
Le BIM ne doit pas rester réservé aux spécialistes du BIM
Le BIM a profondément transformé la manière de concevoir, coordonner et préparer les projets de construction.
Mais sur de nombreux chantiers, son usage reste encore concentré autour des équipes qui produisent et administrent les maquettes.
Pourtant, la valeur du modèle ne s’arrête pas à sa production.
Elle apparaît également lorsqu’un conducteur de travaux peut mieux comprendre un problème.
Lorsqu’un OPC peut visualiser une situation avant une réunion.
Lorsqu’une entreprise retrouve plus rapidement la zone concernée par une action.
Ou lorsqu’une réserve peut être créée directement à partir du contexte visuel du projet.
Le BIM devient alors moins abstrait.
Il rejoint le quotidien du chantier.
De la maquette au pilotage
Avec cette nouvelle intégration, notre objectif n’est pas de remplacer Autodesk Construction Cloud.
ACC reste l’environnement de référence pour la gestion et la publication des maquettes BIM.
Le rôle de BatiCED est différent.
Nous voulons créer le lien entre la maquette et les processus de pilotage qui rythment quotidiennement le chantier.
Les points bloquants.
Les anomalies.
Les réserves.
Les décisions.
Le suivi des entreprises.
Le planning.
La GED.
En intégrant directement les maquettes Autodesk Construction Cloud dans cet environnement, puis en permettant de créer des actions depuis le BIM, nous franchissons une nouvelle étape dans cette direction.
La maquette n’est plus simplement affichée à côté du chantier.
Elle entre réellement dans le processus de pilotage.
Voir le problème. Le localiser. Créer l’action. L’affecter. La suivre jusqu’à sa résolution.
C’est, pour nous, la vraie promesse d’un BIM connecté au terrain.